mardi 29 mars 2022

Le désert des Couleurs de Aurélie Wellenstein

 

 


Dans le cadre des lectures communes que nous organisons sur le groupe Bee-bliothèque, Milleca avait très envie de découvrir la plume d'Aurélie Wellenstein, notamment grâce à une de ses récentes publications : Le désert des Couleurs. Personnellement, même si j'étais intriguée, je n'ai pas été très emballée à l'idée de commencer le roman et j'ai repoussé cette lecture à mi-mars alors même que j'aurais pu la commencer dès le premier mars. 


➤ Un univers intéressant et post-apocalyptique
L'autrice nous propose dans ce roman, un univers désertique où l'humanité s'éteint petit à petit tout en se forçant à échapper aux sables dévorants du désert. L'humanité s'est éteinte suite à une désertification mondiale et seule subsiste depuis plusieurs siècles une poche d'humanité au creux d'un ancien volcan. Ce peuple qui survit, bercé par les récits de l'ancien monde attend le jour où il pourra sortir de sa cité close et rejoindre Alnaïr, une cité providentielle et verdoyante à l'autre bout du désert. Mais le voyage est périlleux puisque les humains qui s'y aventurent, subissent le mal de ses lieux : la perte de leur mémoire sous forme de grains de sable. Puisque ce désert aux milles couleurs n'est constitué d'autres que des souvenirs des êtres vivants qui y sont mort.
Le concept est vraiment intéressant et j'avoue, je ne savais pas où l'autrice allait réussir à nous emmener. 

 
Un récit particulier
Il faut quand même souligner que derrière cette originalité il y a quand même des parties un peu plus floues et parfois spéciales. J'avoue que la première scène entre la mère du personnage et le marchand de sable m'a surprise, déjà parce qu'en terme de croyance et de mise en bouche, c'est particulier mais aussi tout simplement parce que finalement, passé ce moment, nous n’aurons que peu d'informations sur la nature du marchand de sable, et c'est un euphémisme. Si il y a bien un truc que je déteste dans un récit c'est quand il y a des éléments du mystère qui ne sont jamais éclairés... quand trop d'ombre ou de magie, sans explication aucune, persiste. Car l'autrice nous offre des explications à tout ou presque sauf sur l'identité du marchand de sable...
D'ailleurs le phénomène qui explique la disparition des animaux et de la végétation est vraiment particulier et ne tolère aucune explication scientifique... Mais après tout, ce qui prime dans ce récit c'est la poésie et les métaphores que nous offrent l'autrice. 


Un récit contemplatif et visuel
Ce qui fait néanmoins la force de ce récit c'est la capacité de l'autrice à rendre un lieu aussi solitaire et triste que le désert en un lieu intéressant, riche en couleur et pleins de surprises et de trésors. Les sables de ce désert sont des grains de souvenirs des êtres qui ont vécu sur cette terre et sont riches en images luxuriantes du passé. Notre personnage principal est bien sur captivé par ses images qui le laissent entrevoir ce que l'avenir pourrait être à nouveaux ! L'autrice arrive donc à rester dans le désert mais nous emporter dans les souvenirs de centaines de gens et voyager tout autant. C'est d'autant plus percutant quand on sait que l'autrice a écrit ce récit pendant le confinement de 2020. Néanmoins, il ne faut donc pas s'attendre à de très gros rebondissements, même si on ne s’ennuie pas au long le l'histoire, le rythme reste globalement le même et seul les secrets de notre héroïne viennent ponctuer la monotonie de leur voyage. 


➤ Un récit tout aussi écologique que pyschologique
Au fil du récit, on comprend que la vie de notre héroïne n'a pas été si facile et cette image de méchante jeune femme lui collera à la peau bien longtemps. Toutefois le lecteur attentif ne devrais pas se laisser berner par les images que distille l'autrice à travers les visions-souvenirs qu'ingère et restitue Kalbaraï et comprendre qu'un profond traumatisme met à mal les souvenirs de l'héroïne. J'avoue que passée ma première théorie, j'ai vite trouvé l'origine de ce mal-être. J'ai trouvé très intéressant que l'autrice réussisse à dénoncer à la fois une cause écologique et l’horreur d'un tel acte.
Toutefois je n'ai pas réussi à m'accrocher plus que cela aux personnages et la monotonie ne m'a pas permis d'apprécier à 200% le récit.


C'est donc une découverte intéressante pour ma part, porté par l'excellente plume de l'autrice mais qui offre un récit trop contemplatif et poétique à mon goût, à des lieux de ce que j'apprécie habituellement !


7 / 10 
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