mardi 29 septembre 2020

Chronique cinéma: Enorme

 
 
Bonjour à tous,

Je vous retrouve aujourd’hui pour la chronique du film Énorme qui était en salle depuis fin août et que je suis allée voir ce mois-ci. A vrai dire, je ne m’y serais pas vraiment intéressée s’il n’y avait pas eu une petite polémique à ce sujet : en effet, en se fiant uniquement au résumé du film et à sa bande-annonce, on peut sentir venir une masculinité toxique (prendre le contrôle du corps de sa femme sans son consentement) non-remise en question, et une moralité douteuse sur la fin (après de nombreuses disputes, la femme se rend compte en voyant son bébé qu’elle l’aime et qu’elle peut s’épanouir en tant que mère). Cependant, connaissant un peu les acteurs Jonathan Cohen et Marina Foïs que j’apprécie beaucoup par ailleurs, cela m’aurait semblé étrange qu’ils cautionnent ce genre de propos. J’ai donc décidé de donner sa chance au film  et d’aller le voir pour me forger mon propre avis.

Et alors… Eh bien j’ai été déçue, mais pas pour les raisons auxquelles je m’attendais ! Finalement le sujet que je craignais a bien été traité : le film pose une réelle réflexion sur le rôle de la maternité dans la vie d’une femme, sur la place du couple et du désir de fonder une famille dans cette vie également, sur l’incidence de l’arrivée d’un enfant sur la dynamique de couple etc… La réflexion sonnait juste et vraie, le propos était ouvert et bienveillant, vraiment je ne m’attendais pas à quelque chose de si bien posé ! On compatit avec les personnages, on s’attache à leur situation, on réfléchit nous aussi aux problèmes qu’ils rencontrent… Et vous l’aurez compris, j’ai encore une fois fortement apprécié le jeu de ces deux acteurs !

Cependant, le film a un gros défaut qui, malheureusement, gâche vraiment tout ce que je viens de mentionner. Et ce problème, c’est clairement le rythme… En fait, je n’ai pas vraiment réussi à rentrer dans l’histoire, j’ai été très détachée de tout pendant toute la durée du film. Il s’agit normalement d’une comédie, mais comme je viens de le dire il s’agit finalement d’un film assez réfléchi… Et alors le comique nous sort de l’aspect dramatique, et l’aspect dramatique nous empêche d’apprécier le comique. Il y a certaines blagues qui auraient pu fonctionner mais qui ne tombent pas au bon moment puisque l’ambiance de film est justement assez introspective et réfléchie, la scène de l’accouchement quant à elle est très réaliste mais très longue… Oui, d’après moi, il y a un vrai problème de rythme, de dosage, d’intention mal définie. On ne sait pas trop ce qu’ils ont voulu faire. Si c’était de l’humour absurde, j’y suis d’habitude plutôt réceptive mais là ça n’a pas pris du tout sur moi.

Alors je le répète : il s’agissait d’une très bonne thématique, d’un très bon ton donné au sujet, de très bons acteurs, mais il aurait fallu bosser davantage sur le film, y passer plus de temps, soigner les détails, se mettre d’accord sur ce qu’on veut faire exactement, épurer éventuellement en laissant tomber certains aspects… Là tout retombe comme un soufflet et ça ne donne malheureusement pas envie de voir davantage de cette réalisatrice.

4/10
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mardi 15 septembre 2020

Et vous, vous les rangez comment, vos livres? - Nicolas Carreau

 
 
Hello tout le monde !
Il y a quelques temps de cela, nous avons reçu un service presse grâce aux édition La Librairie Vuibert et à notre partenaire Agnès Chalnot (merci à eux !), dont je me réjouissais d’avance de la lecture : Et vous, vous les rangez comment, vos livres ? ! Pour ceux qui nous suivent également sur notre chaîne Youtube, vous avez dû en effet voir passer depuis environ 1 an ces vidéos où j’interviews d’autres lecteurs à propos de leur rapport à leur bibliothèque. C’est vraiment un sujet qui me passionne, parce qu’en effet une bibliothèque dit beaucoup de son lecteur et de son rapport à la lecture, au-delà des titres qu’elle contient ! Et j’avais, en recevant ce livre, le même type d’enthousiasme que l’on a quand on découvre un nouvel ami qui partage la même passion étrange que nous xD Malheureusement cet enthousiasme est vite descendu, et ce sera tout l’objet de cette chronique.
 
Pour détailler un peu le concept de ce livre : Nicolas Carreau, journaliste à Europe 1, compile dans ce livre des interviews de personnalités célèbres (Valérie Damidot, MC Solaar, Anne Sinclair…) et moins célèbres (certains de ses collègues journalistes que je ne connaissais pas pour ma part), à propos de leur bibliothèque. Il est vrai que même si l’idée est très sympa en soi, il y a aussi, avouons-le, un certain plaisir pour le lecteur de découvrir « l’intimité » de personnes connues ; il y a ce petit côté « voyeuriste » que nous avons tous plus ou moins, d’autant qu’une bibliothèque est quelque chose d’assez privé (dans le sens où c’est rarement ce qui est mis en avant dans les interviews habituelles) ! Ce que je reproche néanmoins à ce livre, c’est d’avoir, je trouve, quasiment tout misé sur ce plaisir coupable, en oubliant finalement plus ou moins l’idée principale. Certes ça me titille un peu de savoir ce qu’il se passe dans la vie privée d’une star, mais bon, à l’origine, j’avais surtout ouvert ce livre pour lire à propos des rangements de bibliothèques…
 
Tout semblait pourtant bien commencer, avec une préface qui ne laissait rien augurer de mauvais ! Nicolas Carreau y détaille son intention dans son œuvre, et j’étais très contente de ce que je lisais : sa curiosité à propos des bibliothèques de ses amis, ses réflexions à propos des types de livres qu’il voit mis en avant dans les bibliothèques, à propos de la réaction des gens quand on déplace un de leurs livres… Tout cela me parlait beaucoup, et encore une fois je me réjouissais d’avance de la lecture des interviews ! Il y a toute une psychologie (maniaquerie, créativité…) et une sociologie (habitus de classe…) du lecteur qui transparaît à travers une bibliothèque !
J’ai été toutefois assez surprise par la brièveté de cette préface… Enfin, non pas que je sois une fan des préfaces xD Disons juste qu’avec ce genre de sujets, je m’attendais à un apport « théorique » en plus des interviews ; une sorte de dossier au début ou à la fin du livre qui aurait pu nous donner les clefs pour analyser les comportements décrits dans les témoignages ! Comme ce n’était pas le cas, j’ai cru que la préface remplirait ce rôle… Mais non, on se retrouve avec seulement une page et demi d’intentions de l’auteur, et basta on passe aux interviews, tout cru ! J’ai alors essayé de m’autopersuader que ce n’était pas nécessaire, que les interviews des personnalités étaient déjà intéressantes en soi, sans qu’on ait besoin de les analyser comme des objets scientifiques… C’est d’ailleurs ce que je fais dans mes propres vidéos : faire parler mes invités, sans réagir derrière ! Seulement, les interviews non plus n’ont pas été à la hauteur de mes attentes…
 
En fait, mes attentes n’étaient pas si hautes que ça. J’avais un livre dont le titre était : « Et vous, vous les rangez comment, vos livres ? ». J’avais une préface qui me disait : « On va voir comment les gens rangent leurs livres ! ». Je m’attendais donc à des interviews… Où les interviewés parlent de la manière dont ils rangent leurs livres. Tout simplement. Eh bah je ne m’attendais pas à être déçue sur ce point, et je l’ai quand même été xD
C’est subtil mais c’est finalement ce qui fait tout le concept du livre : dans absolument toutes les interviews, on ne parlait pas de comment on range les livres, mais de ce qu’on lit, de ce qui se trouve dans la bibliothèque… On ne parle ni de névroses de lecteurs, ni de complexes liés à la taille de la bibliothèque, ni de contraintes pratiques liées à la surface des appartements parisiens (ou alors de manière très mineure); mais on parle de « Ahhhh alors je vois que vous aimez les romans policiers ?? Ahhh mais je vois que vous avez lu cet auteur ?? »… Vous voyez la différence ?
Ce n’est pas inintéressant, mais ce n’est juste pas ce qui était annoncé, ce n’est pas ce que l’on s’attendait à lire quand on a ouvert le livre, c’est assez déceptif…
 
Concernant les personnalités interviewées, je dois tout de même reconnaître le talent journalistique de Nicolas Carreau, qui a fait un super travail d’introduction synthétique pour chaque interview ! Comme je le disais plus haut, je ne connaissais absolument pas toutes les personnes, mais une présentation en quelques lignes en était faite à chaque fois : court, efficace, clair, précis, complet, intéressant… C’est bête à dire, mais c’est ce qui m’a le plus impressionnée dans ce livre…
Parce que concernant les interviews elles-mêmes, même dans leur forme, ce n’était pas glorieux. J’ai été assez surprise de voir que chacune d’elles faisaient entre 3 et 7 pages (de livre de poche, écrit très grand, et dont la moitié est composée des questions de Nicolas Carreau) ! Je m’attendais à des interviews plus longues ! En effet, ces interviews courtes ne nous laissent pas le temps de nous « imprégner » de la personnalité de l’interviewé, de réellement comprendre son mode de fonctionnement… Je suis restée avec l’impression d’un carnet d’adresses, où le journaliste a voulu nous impressionner en casant dans son livre un max de noms connus ! Après je comprends que les « stars » n’aient pas forcément voulu lui accorder de longs temps d’interviews, mais dans ce cas j’aurais préféré qu’il ne prenne que des personnalités moins connues mais qui lui auraient permis de fournir un compte-rendu plus intéressant… Privilégier la qualité à la quantité, quoi…
 
Bref, j’étais très enthousiaste concernant le concept de ce livre, l’idée était très bonne ; et les talents journalistiques de Nicolas Carreau (en plus des avantages de son métier, c’est-à-dire de pouvoir contacter des personnalités connues) auraient vraiment pues être mises à profit pour un rendu très qualitatif. Cependant le livre est passé totalement à côté de son concept de départ, les interviews m’ont semblées très peu travaillées, bref une grosse déception pour moi…
 
 
3/10
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samedi 12 septembre 2020

Community - Luna Joice

 



Bonjour à tous ! 
J'espère que vous allez bien ! Je vous retrouve aujourd'hui pour vous parler d'une nouveauté de ce mois de septembre que j'avais vu passer en vidéos ou en post Instagram (je ne sais plus) et qui avait l'air vraiment tentante ! J'ai eu la chance de la découvrir en numérique via la plateforme de lecture NetGalley (d'ailleurs je n'en revenais pas de recevoir le livre après tant de mois d'inactivités sur la plateforme).

Je trouvais le concept du résumé très intéressant ! On y découvre un monde doté d'une technologie ultra-performante de télépathie qui a permis de pacifier l'humanité entière. La communauté est au centre du fonctionnement de ce nouveau monde. Dans ce monde, on découvre Lyah, elle a totalement grandi dans cette communauté depuis son plus jeune âge, sa mère travaille la terre et son père s'occupe de redistribuer les ressources. Plus de salaire, plus de supériorité, chacun occupe son poste en fonction de ses capacités et pour le bien de tous. Tous les êtres humains sont entièrement tournés vers l'esprit d'équipe et le bien être de l'humanité. Et grâce à cette technologie, plus de guerre, plus de crimes, plus de maladies, plus de gaspillage écologique, mais à quel prix ? 

C'est ce que va découvrir Lyah, qui en sortant de ses études, à sa majorité, va prendre sa place dans cette communauté ! Je trouvais que le concept ressemblait un peu à Divergente, les Hommes y sont divisés en quatre grandes classes en fonction de leurs aptitudes et personnalité. Mais cela va bien au-delà de ce que Divergente pouvait construire, quoique le prix à payer ne soit pas plus réjouissant. Lyah va s'interroger sur cette société dans laquelle elle évolue et les secrets qu'elle cache. J'ai beaucoup aimé découvrir cet univers bien que j'aurais adoré que l'autrice en fasse vraiment plus. J'ai eu un peu de mal à m'attacher profondément à Lyah bien qu'elle soit le personnage le plus éclairé du roman. Je m'attendais à beaucoup plus de retournements de situation, ou du moins peut être à un peu plus de flamboyance et de drame dans ceux-ci. Au lieu de ça, j'ai trouvé que le récit restait un peu plat malgré les nombreuses interrogations et la colère de Lyah. 

De plus, malgré les interrogations et les sujets soulevés par le roman, j'ai trouvé que cela manquait tout de même d'approfondissement et que la fin de l'histoire était assez précipité. J'ai d'ailleurs du mal à imaginer que l'être humain ai pu totalement arrêter de surveiller l'espace, même au profit de la communauté. Malgré la justification de l'autrice, je trouve cela totalement aberrant... J'ai eu beaucoup de mal avec ce principe et avec le manque de développement autour des sujets développés. Je pense que si on avait mêlé un peu plus d'éthique et de philosophie (bases de données auxquels le personnage aurait surement accès, on aurait eu un meilleur sujet de discussion avec des arguments plus marquants. 

Il s'agit du premier roman de l'autrice dans ce genre (qui a déjà écrit de la romance) et c'est un bon début en matière de scénario, qui manque toute fois un peu de punch et de recherches à mon goût.  Le style de l'autrice se lit néanmoins très bien, ça se lit vite et sans accroc. 

Une bonne découverte pour un one-shot mais qui manque quand même cruellement d'approfondissements. 


6.5 / 10
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mardi 1 septembre 2020

Meg Corbyn T3 - Gris présages de Anne Bishop

 



Bonjour à tous !
J'espère que vous allez bien ! Aujourd'hui on se retrouve pour une petite chronique du troisième tome de la série Meg Corbyn de Anne Bishop. C'est une série que j'ai commencé cette année et dont j'ai déjà lu les trois premiers tomes (la série en comporte cinq ainsi que deux spin-off), Milleca me l'avait chaudement recommandé et j'aime beaucoup l'univers et les personnages. 
Pour rappel, on y découvre ce qui ressemble à notre monde bien que les noms des continents soient différents, tout comme les jours de la semaine ou les mois. L'humanité s'est développée au contact des Autres, des créatures de la nuit, fantastiques, dangereuses, très dangereuses qui tolèrent l'humanité pour ses inventions et son savoir-faire. Mais l'équilibre est fragile et il n'est pas conseillé de contrarier les Autres si vous voulez survivre. On y rencontre Meg, une prophétesse de sang qui s'est enfuie de l'établissement où elle était exploitée jusque l'Enclos de Lakeside où elle décroche un emploi chez les Autres. 
J'ai beaucoup aimé découvrir cet univers notamment au travers des yeux de Meg, totalement novice sur le sujet et j'ai tout de suite accroché. L'univers que l'autrice a crée est riche et très intéressant. Les personnages sont attachants, c'est une très bonne série, un peu différente des autres séries du genre. Le premier tome a été un coup de coeur et j'ai bien aimé le second même si le rythme était différent.

Pour ce troisième tome, le rythme revient un peu plus à la normal. Même si une grande intrigue se met en place, j'avais la sensation que l'autrice prenait plus de temps pour dévoiler les éléments de celle-ci et nous amener doucement vers la résolution du problème. C'est néanmoins, d'une certaine manière, un défaut puisqu'en raison de son rythme et du dévoilement lent des éléments d'une intrigue bien plus grande que l'on imagine, ce tome fait pour moi office de tome passerelle. Un tome de transition qui va surement nous amener sur un quatrième tome qui nous entrainera, à bout de souffle, vers les solutions de la grande intrigue qui se déroule dans cette série. 

On a encore du mal à envisager tous les tenants et les aboutissants de cette intrigue et pour le coup, cela donne vraiment envie d'en découvrir plus, mais ce n'est pas le tome des réponses que vous cherchez ! 
J'ai toutefois passé un très bon moment de lecture, j'ai beaucoup aimé suivre le destin des autres prophétesses de sang, suivre la communauté Intuit etc. La seule chose qui m'a dérangé c'est la lente évolution des relations entre Meg et Simon, on est au tome trois, un peu de piquant ne serait pas de refus même si je suis ravie que l'autrice ne les ai pas fait se rapprocher trop vite dès le premier tome !

Je ne peux pas vous en dire plus de peur de vous spoiler mais comme je vous le disais, malgré un très bon moment de lecture, ce tome reste pour moi un tome de transition, très intéressant et toujours aussi addictif, mais un tome passerelle quand même vers les prochains dénouement. Le style de l'autrice est toujours aussi bon, c'est addictif, on en veut plus et on dévore chaque page à grand rythme !

Hâte de découvrir la suite de cette histoire !


8 / 10 
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lundi 31 août 2020

Chronique cinéma: Tenet

 
 

  Hello tout le monde !
 
Je suis retournée la semaine dernière au cinéma pour la première fois depuis le confinement, afin de voir le fameux Tenet de Christopher Nolan qui était tant attendu et qui a déjà fait beaucoup de bruit !! Avant d’en dire quoi que ce soit, je trouve déjà que c’est une bonne chose qu’un film pareil, aux si grandes ambitions, sorte en ce moment : l’engouement qu’il procure va vraiment faire du bien au cinéma, et quoi que vous lisiez sur le net à ce sujet, il vaut de toutes façons le coup d’être vu, donc n’hésitez pas :)
Ce qui pourrait peut-être vous freiner est le grand nombre de gens affirmant n’avoir rien compris, que c’était un gros fouillis, que c’était impossible à suivre, etc : je trouve pour ma part que ces critiques sont assez exagérées ! Certes l’histoire est assez complexe et ça va vite, ça nécessite une certaine attention, mais en même temps au cinéma toutes les conditions sont réunies pour qu’on n’ait vraiment que ça à faire… Il faut s’accrocher mais l’histoire est finalement bien cohérente et fluide, je n’ai pas trouvé ça « fouillis » par rapport à d’autres films (coucou, X-men Days of Future Past) qui m’avaient demandé beaucoup plus d’énergie ! Soyez donc sans craintes : justement, profitez d’aller le voir au cinéma dans des conditions optimales pour vous concentrer, plutôt que d’attendre de le voir chez vous où vous risquez d’êtres distraits ^^
 
Mais au-delà de ça, qu’ai-je pensé de ce film ? Je vais ici tâcher de ne rien spoiler, mais c’est assez dur, donc si vous êtes vraiment à 100% anti-spoilers, je vous conseillerai de ne pas prendre de risques et de vous contenter de cet avis rapide : c’était un film très intéressant, qui pousse son concept jusqu’au bout, avec un excellent casting et une magnifique qualité d’images, mais qui me posent pas mal de problèmes du point de vue de son récit, ce qui m’a laissée tout de même un peu déçue.
Voilà, maintenant pour ceux qui veulent des détails, c’est parti !
 
Comme je le disais donc, concernant le concept de temps inversé, Nolan a vraiment exploité cette idée jusqu’au bout, ce qui est très satisfaisant ! Que ce soit au niveau de la technique (les scènes qu’il est possible de tourner dans ce genre d’histoire) au niveau des implications physiques et intellectuelles (ce que ça nous donne à penser, la cohérence de l’histoire, etc), tout a vraiment été très bien réfléchi, c’était super intéressant, et la mécanique du film était vraiment très bien huilée !
J’ai cependant était déçue que justement, tout cela ne soit pas poussé encore plus loin, et que Nolan se bride au niveau du récit. Personnellement, ce que j’aime dans les voyages dans le temps, c’est l’enchevêtrement des différentes timelines, leurs liens, etc. Et pour pouvoir profiter de cela pleinement, il faut selon moi ne pas se disperser à expliquer tout le contexte et suivre toutes les timelines en même temps (comme un point de vue global sur toute l’histoire), mais se concentrer sur une seule timeline (qui éventuellement en croisent d’autres), quitte à ce qu’en effet le spectateur n’ait pas tous les éléments. Autrement dit : quand il est question de voyages dans le temps, je trouve plus intéressant de travailler en focalisation subjective qu’objective. Or, ici, même si la contextualisation se veut minimale (on a peu d’explication sur le « comment physiquement c’est possible », on règle ça rapidement), il y a quand même une volonté de placer l’histoire du protagoniste dans un univers qu’on introduit, où on sait d’où vient le personnage et où il va, etc… Et en fait ça ne devient intéressant, pour moi, qu’à partir des 2/3 du film, quand ENFIN on se concentre sur l’histoire du point de vue de la timeline de Tenet ! Et son inversion dans le temps (qui constitue tout le concept du film, en fait) n’arrive finalement que très très tard ! Les deux premiers tiers sont de la contextualisation, de l’explication, le point de vue global… Il aurait été plus intéressant selon moi de faire ça plus tôt dans le film, mais je comprends que ça en aurait gêné certains.
Et de cette volonté de trop expliquer, trop contextualiser (à mon goût), surgit un deuxième écueil : la justification de l’histoire à la fin (le pourquoi du comment de cette 3ème guerre mondiale), qui tombe vraiment comme un cheveu sur la soupe… Je veux dire, c’est ok de ne pas développer outre mesure (comme je l’ai dit, ça ne me gêne pas, je préfère même), mais dans ce cas il vaut mieux ne rien faire plutôt que de bâcler l’affaire ! Ça n’aurait pas été si grave de ne pas savoir, plutôt que de balancer ça comme ça…
 
En ce qui concerne les personnages maintenant, j’ai trouvé tout d’abord le casting excellent ! Le duo John David Washington et Robert Pattinson fonctionne très bien, j’ai d’ailleurs été agréablement surprise de la performance de ce dernier ! Cependant, une critique majeure qui apparemment a souvent été faite au film, est que Nolan a négligé la construction de ses personnages au profit du développement de son idée de renversement temporel. Il est vrai que les personnages sont des sortes de coquilles vides : on ne s’attache pas à eux, on ne ressent rien face à eux, aucun lien n’est créé… Mais pour moi ce n’était pas un problème : c’est un choix de faire des personnages que des vecteurs de l’hsitoire, des matériaux pour développer un concept, et personnellement ça m’allait, je n’ai pas forcément besoin de m’impliquer émotionnellement dans un film pour l’apprécier. Cependant, ce qui me pose problème, ce sont les soudaines scènes « d’émotion » qui arrivent à la fin du film, sans que l’on comprenne pourquoi, et qui du coup ne fonctionnent pas du tout puisque les personnages n’avaient rien construits ensemble auparavant ! Ces scènes étaient vraiment ratées, mais ça ne m’a pas gênée outre-mesure. Je comprends tout de même pour quoi ceux pour qui c’est important ont dû être déçus.
 
Pour finir, je tiens tout de même à souligner à quel point ce film était agréable à regarder, visuellement : j’ai eu l’occasion de voir ce film en pellicule 70mm, soit dans les conditions optimales, et je suis ravie d’avoir pu le faire. Les couleurs, la photographie sont magnifiques ; et certaines scènes (la séquence finale en particulier) sont vraiment époustouflantes !
 
Je ne pourrai pas vraiment vous en dire plus sur la technique puisque ce n’est pas du tout mon domaine. Je sais que beaucoup s’amusent également avec les théories autour du film : si ça vous intéresse, je vous conseille cette très bonne vidéo de Capitaine Popcorn sur le sujet !
 
Je ne regrette pas d’être allée voir ce film malgré ses défauts notables, et le fait qu’on en parle finalement autant (en bien comme en mal) est pour moi un bon signe ! Et vous, êtes-vous allés voir Tenet ? Qu’en avez-vous pensé ?

 

6.5/10
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