mardi 20 août 2024
Sa Majesté l'Idol - Im So Yeon & Jeong Chang Gyu
mardi 11 juillet 2023
Les Carnets de l'Apothicaire - Natsu Hyuuga
jeudi 9 septembre 2021
La vierge en bleu de Tracy Chevalier
J'avais beaucoup aimé La dernière fugitive et La jeune fille à la perle de la même autrice et j'avais donc très envie de la découvrir dans un nouveau roman. J'avoue que j'étais un peu frileuse de démarrer cette histoire qui a pour fond les guerres de religions en France au XVIème et XVIIème siècle...
Roman historique ?
Même si le résumé met en avant les conflits religieux, si vous êtes féru d'Histoire et que vous souhaitez en savoir plus sur ces événements, passez votre chemin. On parle effectivement de catholiques et de huguenots (protestants) sans que les principales oppositions soient clairement établies. On s'attarde quand même sur le personnage de La Vierge et sur la couleur bleue qui caractérise son habit mais sans avoir particulièrement de détails sur l'importance ou la différence de place de ce personnage dans les deux religions. Peut être que quelqu'un qui a déjà des bases sur cette partie de l'Histoire repérera plus d'éléments concrets mais pour ma part ça ne m'a pas éclairé plus que ça sur les faits et l'importance de cette partie là de l'histoire française.
Une saga familiale
J'ai personnellement trouvé que Tracy chevalier nous livrait plutôt une saga familiale très bien menée. On suit d'un côté Isabelle, une jeune fille qui va se marier et vivre avec sa belle famille d'agriculteur à la fin du XVIème siècle. Sa vie n'est pas des plus faciles à cause de sa couleur de cheveux - roux - qui semble lui conférer une nature de sorcière ou en tous cas qui porte malheur et qu'elle doit toujours cacher. On découvre aussi Ella, une américaine fraîchement débarqué à Toulouse, qui va plutôt avoir du mal à s'intégrer dans ce nouveau pays où elle ne connaît personne. Elle va alors se lancer dans la recherche de ses origines avec sa famille suisse sur leurs ancêtres français. Les deux histoires vont s'alterner et s'imbriquer jusqu'à dévoiler de nombreux secrets de famille dont certains, difficiles, n'ont encore une fois rien à voir avec la religion mais plutôt avec les croyances populaires folkloriques de l'époque.
Une écriture toujours aussi efficace
Dans les premières pages, j'ai eu du mal à me plonger dans l'histoire d'Isabelle. On donne vraiment beaucoup de détails sur son enfance qui n'ont pas forcément d'intérêts et m'ont paru un peu long. Mais dès qu'on découvre Ella, on sent qu'on n'est loin d'être au bout de nos surprises.
Le style de Tracy Chevalier est toujours aussi efficace, la tension monte crescendo et la lecture devient vite addictive. Il y a aussi une certaine critique et une réflexion sur la mentalité française et le comportement des français envers les étrangers, en tous cas dans la campagne environnant Toulouse. Le tableau est plutôt négatif mais ... peut être pas totalement faux x)
En fin de compte, c'est une bonne lecture même si je ne m'attendais pas à ça. C'est pour moi uniquement une bonne saga familiale mais pas un roman historique.
7/10
vendredi 30 juillet 2021
Stupeur de Julie Chibbaro
Une histoire très accessible et ponctuée de détails qui rendent le récit très immersif. Je pense que l'autrice a fait un vrai travail de recherche et elle a clairement réussi le défi de retranscrire cet évènement marquant de l'Histoire de la médecine. Je suis presque déçue que ce roman ne soit pas plus connu parce qu'on sent qu'il y a eu un réel investissement de la part de Julie Chibbaro et de Lucca Editions. Pour ma part on n'est pas loin du coup de cœur et si le sujet vous intéresse je vous le recommande ! (avec bien sûr en tête qu'il y a parfois des petits soucis de temps ^^')
8/10
mercredi 14 avril 2021
La dernière fugitive de Tracy Chevalier
J'ai découvert il y a quelques années la plume de Tracy Chevalier avec La jeune fille à la perle qui a été un coup de cœur pour moi. Alors que le mot "historique" me fait souvent tourner les talons par peur d'y trouver quelque chose de long, lent, ennuyant (oui je sais, il faut que j'apprenne à mettre mes préjugés à la poubelle !), l'autrice avait réussi à me captiver et j'avais vraiment envie de la découvrir dans une autre de ces œuvres. Spoiler alerte ; je n'ai pas été déçue !
➤ Un personnage principal très doux
Honor est posée, réfléchie, timide et solitaire. Elle ne va pas beaucoup vers les autres, évite d'être le centre de l'attention et a parfois même du mal à répondre lorsqu'on lui parle. Un caractère qui se heurte un peu à celui des américains, très ouvert et dynamique, ce qui ne lui rend pas toujours service pour comprendre les coutumes de son nouveau pays et s'y faire une place. On pourrait penser que ce personnage effacé rendrait la lecture ennuyante et pourtant elle est une jeune femme vive d'esprit et courageuse, ce qui la rend très attachante.
➤ Une communauté religieuse qui ne prend pas le pas sur l'histoire
Quand il y a une religion mise en avant dans les romans, j'ai toujours peur de la façon dont le sujet sera traité. Mais ici, aucune crainte à avoir ! Même en Amérique Honor va retrouver des Quakers, ou plus souvent appelé les Amis, et on va découvrir ses principes et suivre ses habitudes de vie. Comme c'est une communauté que je ne connaissais pas du tout et que je trouve très douce, j'ai finalement été très contente de découvrir leur vie et j'ai trouvé très intéressant de découvrir les différences entre les Amis d'Angleterre et ceux d'Amérique.
➤ Une comparaison entre deux pays qui va au delà de la communauté
Tout au long du roman, Honor va dépeindre les différences entre son pays natal et sa terre d'adoption. Et tout y passe : les coutumes, le travail, le langage, les constructions, la mode et même la couture ! (L'un des principal passe-temps d'Honor) C'est finalement assez riche de détails sans paraître trop lourd. On se rend bien compte que l'Angleterre est enracinée depuis des siècles alors que les villes des Etats-Unis sont très jeunes, certaines n'ont même que quelques dizaines d'année. De fait les familles ne cessent de circuler pour trouver le meilleur endroit, n'hésitant pas à déménager pour une autre ville voir un autre État. Le contraste est vraiment très intéressant !
➤ Un fil conducteur difficile : l'esclavagisme
La communauté des Quakers estime que tous les hommes sont égaux, quelque soit la couleur de leur peau. Si en Angleterre Honor ne se mêlait pas de ce sujet, l'esclavagisme en Amérique est tellement présent qu'elle finira par y être mêlé malgré elle. Si certaines personnes noires de peau sont considérées comme des hommes et des femmes libres dans certaines villes, Honor va en rencontrer un certain nombre qui fuient leur maître pour essayer de rejoindre le Nord du pays voir même le Canada. Elle devra alors prendre une décision : les aider, selon sa conscience et ses principes religieux, ou non, comme le lui demande sa nouvelle famille et le gouvernement d'Amérique.
J'ai adoré ce roman que j'ai dévoré en à peine trois jours (un exploit pour moi). Non seulement il est très bien écrit, très intéressant mais surtout il est accessible, et c'est ce qui me semble le plus important pour un roman dit "historique". Certains férus auraient peut être souhaité davantage de détails mais en ce qui me concerne, il y avait juste ce qu'il fallait.
Comme dans La jeune fille à la perle, une forme d'art est mise en avant : la couture et plus précisément le patchwork qui a une place importante dans la vie d'Honor. Un autre côté que j'ai trouvé très intéressant.
Même si l'histoire se déroule en 1850 le langage est simple et efficace. Bref vous l'autre compris, ne vous fiez pas à la couverture qui donne juste envie de faire demi-tour, je vous le recommande chaudement !
9/10
mardi 30 mars 2021
Petit Pays de Gaël Faye
J'ai démarré cette lecture grâce à ma sœur qui me l'a chaudement recommandé et qui voulait mon avis. Je connaissais l'auteur à travers ses chansons aux textes profonds et puissants qui me mettent chaque fois la chair de poule. Malheureusement j'ai trouvé que ce livre n'était pas tout à fait dans la même lignée.
➤ Un contexte et des lieux assez lourd
Ce n'est pas un récit très détaillé dans l'ensemble mais lorsqu'il s'agit de lieux et de peuples, tout est déballé sur la table, à nous de faire le tri. Bien sûr, ça fait partie du thème de ce livre puisqu'il traite de l'arrivée de la guerre au Burundi et au Rwanda, notamment à cause de la violence entre plusieurs peuples. Mais comme je ne m'étais pas du tout renseignée sur le sujet avant ma lecture, j'ai eu souvent du mal à m'y retrouver.
➤ Une enfance naïve : première partie
Gabriel grandit dans une famille où les enfants n'ont pas le droit de prendre part aux discussions d'adulte. Lui et sa sœur sont complètement exclus des problématiques de la vie quotidienne, du travail, de la politique etc. Gabriel vit donc sa vie d'enfant et s'amuse avec ses copains sans se soucier de quoi que ce soit même quand le contexte géopolitique change. A tel point qu'il se sent presque intouchable même quand la violence entre les différentes ethnies se déchaînent. Il relate ce qu'il voit et entend sans avis réaction ni avis. Ou quand tout devient trop dur, il s'enfuit avec ses copains ou dans la lecture.
Je n'ai pas du tout apprécié cette partie. En fait, je m'attendais à un récit fait à travers des yeux d'adulte alors que c'est sa vision d'enfant qu'il nous propose. Et honnêtement, sa petite vie bien rangée et son égoïsme m'ont laissé sans voix face à tout ce qu'il se passe autour de lui et qui lui importe peu. Il y a beaucoup de détails sur ses copains et leurs activités en dehors de l'école ; aller chercher des mangues, les revendre, s'acheter des bonbons, se raconter des histoires ... on a l'impression que rien de ce qu'il se passait dans le pays ne le touche à ce moment là. J'avoue que comme je m'attendais à un récit plus mature et profond, à l'image de ses chansons poétiques, je n'ai peut être pas laissé sa chance à Gabriel de me montrer autre chose.
➤ Une seconde partie beaucoup plus sombre
Se succèdent des événements qui vont obliger Gabriel à prendre pleinement conscience de la guerre qui l'entoure. Enfin, on entre dans le vif du sujet ! Et autant vous dire qu'on passe d'un extrême à un autre. J'ai trouvé certaines scènes sont particulièrement difficiles à lire mais, je pense, nécessaires pour que le lecteur comprennent vraiment l'horreur qui a secoué ces peuples pendant des années.
Certains noms comme Pacifique et Innocent ont aussi été particulièrement bien choisis et évocateurs pour mettre en avant l'impact de la guerre sur les habitants et ce qu'elle pousse à devenir. Je suis aussi très contente d'avoir le retour de Gabriel adulte, quand il retourne dans l'impasse où il a vécu et qu'il voit ce que le pays et ceux qu'il connaît et qui ont survécu, sont devenus.
Une seconde partie difficile mais percutante et c'est à ça que je m'attendais, c'est ça qui m'a pris par les tripes et m'a donné envie de me renseigner sur cette guerre.
6/10
Et vous, est ce que vous connaissez cet auteur et ses écrits ?
vendredi 19 février 2021
Le Chant du Bison - Antonio Pérez Henares
samedi 16 mai 2020
Chronique film: Les deux papes
mardi 4 février 2020
Chronique cinéma: 1917
Nommé aux oscars 2020, le dernier film de Sam Mendès est une véritable perle cinématographique.
Résumé : L’histoire se déroule en 1917, Première classe Schofield (George MacKay) et Blake (Dean-charles Chapman) sont envoyés sur une mission qui permettrait de sauver la vie à plus de 1600 soldats anglais. Pour mener à bien leur mission, ils n’ont que quelques heures pour rejoindre le front et prévenir le général Mackenzie (Benedict Cumberbatch) avant qu’il ne donne l’assaut…
Tourné de façon à ce qu’on ait l’impression de suivre le Première Classe Schofield et le Première Classe Blake dans leur progression sans aucune coupure. Ce ‘one-shot’ n’offre aucun répit. Ce n’est qu’une suite sans fin d’un seul et même plan qui vous fera entrer dans la vie d’un soldat en temps de guerre.
La mise en scène est époustouflante, les trous d’obus, les grenades, la poussière… Tout est recréé au plus proche de la réalité. En tant que spectateur, on a vraiment la sensation d’être dans les tranchées en 1917.
L’objectif de cette mise en scène est vraiment de montrer les conditions de vie (et de mort) de ces soldats. Par l’image, on ressent la désolation, le manque et la mort qui entourent les personnages. Sam Mendes met en avant l’inégalité, ces soldats qui n’avaient rien demandé se trouvent à subir les conséquences.
La mort est partout. Elle n’est pas belle. On le voit en image, on l’entend dans des récits, on la sent… Sauf dans CETTE scène. Cette fameuse scène pendant laquelle le temps est comme suspendu. La guerre s’arrête et la vie reprend le dessus. Il n’est plus question de courir pour délivrer le message mais de prendre le temps d’apprécier l’autre.
1917 est un film magnifique, à voir absolument.
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